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Gourou Musical interview Blow

L’an dernier, l’excellent Monochrome EP de Blow nous ravissait de ses rythmiques dub et ambiances deep. Cette année, nous avons eu l’occasion de faire une petite interview, qui pourra peut-être permettre de mieux cerner la musique de Blow.

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Tout d’abord, peux-tu nous parler de tes influences ?

Ayant travaillé avec un DJ plus âgé que moi au début de ma carrière, mes influences sont assez variées et vont du jazz, à la musique électronique en passant par le rock progressif et l’électro jazz. Mes diverses expériences m’ont mené à penser la musique de manière plus fine, et loin de toute suprématie de l’électronique. Mes influences actuelle sont plus ambient, techno, dub, mais aussi expérimentales. Cependant, si on me propose des projets qui s’en éloigne complètement, je suis tout à fait prêt à les accepter .

Pourquoi ce nouveau projet, Blow ?

Tout simplement pour différencier mes projets, et aussi pour canaliser l’inspiration que je peux avoir d’une manière plus spirituelle et que j’ai besoin d’exprimer de manière libre. Blow est un projet dub mais j’y utilise aussi des éléments acoustiques, comme le piano, les cordes, les instruments à vent, des enregistrements des sons de la nature, mais aussi du « bruit » comme de la vaisselle cassée, du verre brisé. Blow, c’est aussi une collaboration avec des musiciens de différents backgrounds, avec des influences traditionnelles ou contemporaines. Blow, c’est une forme de liberté d’expression. Cette idée n’est pas limitée seulement à la musique mais s’étend aussi aux graphismes, illustrations et peintures qui viennent enrichir les sorties de Blow, qui ont été réalisés par un talentueux illustrateur. Chaque visuel de chaque sortie sera réalisé par un nouvel artiste.

Quelle musique as-tu découvert récemment qui t’as le plus transporté ? 

Alors, je parlerai uniquement de la musique qui a directement influencé Blow, car c’est ce dont nous parlons et sans ça, ça prendrait des heures. Le premeir nom qui me vient en tête, c’est le Moritz Van Oswald Trio. Le « Shig » LP de Valentin Stip est également une des meilleures sorties que j’ai pu écouter dernièrement. J’aime également beaucoup Holdie Gawn et Micawber Sylphe. Je peux aussi citer le remix d’Andy Kolwes, « Aino Lame » sur All Inn Records et la dernière sortie sur Archipel of mod2 & 303box « Court Mètragedi ». D’autres nom ? Kjofol, Jichael Mackson, Hubble, Laurine Frost, Marco Shuttle. Et des labels : “Grow Vinyl”, “Ugold” et “Nervmusic” sont tout à fait mon style.

Peux-tu nous expliquer un peu ta méthode de travail ?

Pour Blow, la première étape a été de collecter les matériaux, à commencer par ce que m’ont envoyé les musiciens avec lesquels je travaille.  Ensuite, je mixe le tout avec ce que moi j’ai fait en amont. Quand tout cela est fait, la base rythmique est créée, de la fusion entre des sons acoustiques et électroniques. Ensuite, je peux procéder au mix final. Cette étape de mixage est complètement inspirée des sensations directes que je ressens à l’union de ces différents sons.

Peux-tu nous parler de tes autres passions en dehors de la musique ?

Ma deuxième grande passion est née avec celle de la musique. Il s’agit de la peinture. Qui est aussi devenue un métier. Pour moi, les deux, musique et peinture, fonctionnent ensemble, et je pense que je ne serais plus aussi créatif dans un domaine si je n’avais pas de stimuli venant de l’autre ! À mon sens, la couleur est un son, le son est couleur ! En fait, mes peintures sont un concept, comme ma musique. Mais j’essaie aussi de la concevoir avec de nouvelles approches, telles que le design, mais toujorus dans une optique artistique, et pas industrielle. Et là, mon travail prend une sorte de troisième dimension, plus physique. 

Écouter « Monochrome » de Blow :

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Focus sur Maelstrom, artiste de l’année

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Si vous nous suivez depuis un moment, vous avez dû remarquer l’amour inconditionnel que le Gourou porte à Maelstrom. Ce musicien originaire de Nantes a, depuis ses débuts, toujours évolué de manière constante, intégrant à chaque nouvel EP une autre partie de son vaste univers musical. Jusqu’à l’apogée, ce magistral Adversarial Design sorti sur le label Zone cette année.

Nous vous proposons donc de (re)découvrir celui qui pour le Gourou est incontestablement l’artiste de l’année.

Le Gourou : peux-tu nous raconter un peu ton parcours musical ?

Maelstrom : J’ai acheté mes premières machines à 16 ans, après avoir passé de nombreux weekends de mon année de terminale dans des hangars, des raves et des free-parties. Avant cela, je sortais aussi beaucoup, notamment dans un club nantais, le Black Mint, où les résidents jouaient beaucoup d’electro américaine, mais aussi de la chicago house, et de la techno « Detroit ».
Ensuite j’ai passé beaucoup de temps dans les free-parties et les raves illégales, je me suis impliqué de plus en plus dans ce mouvement jusqu’à ce que ça me devienne insupportable, musicalement et humainement. Après quelques années à récupérer de cette expérience là, j’ai fini par rencontrer Reno chez Expressillon, puis par signer sur Boys Noize et Sound Pellegrino, ce qui m’a amené là où j’en suis aujourd’hui.

Le Gourou : Dans ta musique, on sent une nette évolution, notamment avec les deux dernières sorties chez Zone, qui sont parmi nos préférées de cette année ; quel a été le travail réalisé pour un EP comme « Adversarial Design » ?

Maelstrom : Pour chaque EP, j’essaye de faire en sorte qu’il y ait une cohérence et une continuité entre les titres, c’est une des raisons pour lesquelles je passe beaucoup de temps sur les ambiances et les textures, même si je sais qu’elles ne seront pas forcément perçues dans un club, c’est ce qui va installer l’esthétique du disque. Beaucoup de producteurs commencent à travailler sur les éléments principaux : la rythmique, la basse, ce genre de choses, moi je commence par poser le décors, installer une atmosphère. L’idée de départ pour Adversarial Design est partie de l’évolution des espèces, du fait qu’une forme de vie puisse évoluer et se transformer, faire partie d’un continuum. Je vois la création musicale de la même manière, à l’échelle de l’histoire de la musique comme dans le cadre d’un album ou d’un EP. On s’appuie sur le travail de ceux qui nous ont précédé tout en essayant d’emmener ce travail un peu plus loin, ou dans une nouvelle direction, chaque innovation est en fait souvent une évolution de quelque chose qui préexiste sous une forme différente. De la même manière, pour cet EP, chaque morceau s’appuie sur ceux qui l’entourent, et leur procure un environnement, ça fonctionne comme un écosystème. A chaque fois que je modifie un son dans un des morceaux, que je choisis d’en ajouter ou d’en retirer un de la tracklist, ça a des répercussions sur ma façon d’envisager les autres.

Le Gourou : on sent également une nette influence de la musique glitch, IDM, dans tes morceaux, est-ce que tu peux nous en parler un peu ? Ainsi que de ton travail avec un label comme Expressillon ?

Maelstrom : C’est par le hardcore et le breakcore que je suis arrivé à l’IDM et à l’electro anglaise. Je me suis mis à écouter tout ce qui sortait de chez Warp et Rephlex : U-Ziq, Ceephax, Luke Vibert, etc, mais aussi des sons plus industriels comme Delta Files ou Somatic Responses. Pour ce qui est d’Expressillon, j’ai un respect et une admiration immense pour Reno, le boss du label qui a rendu possible la ré-édition de nombreux disques introuvables, notamment les premiers NTW23 ainsi que toute la discographie de Curley. C’est un personnage important de cette scène « free », qui bosse d’ailleurs aujourd’hui avec l’équipe de Concrete. A un moment où je cherchais encore mon son, Reno m’a fait confiance et encouragé sur plusieurs EP, jusqu’à ce qu’il décide de mettre le label en pause. Tous les morceaux ne sont pas inoubliables, mais c’est une partie importante de mon parcours, et certains tracks ont marqué un vrai tournant dans ma façon de travailler.

Le Gourou : quelle influence peut avoir la musique hardcore et celle des free-parties sur ton univers musical ? 

Maelstrom : Mes premières émotions musicales viennent de là ! C’est sans doute la musique qui m’a donné envie de passer de l’autre côté, de comprendre comment cette production pouvait fonctionner et de m’acheter mes premières machines. Il y avait un côté totalement libéré, au delà de tout format. Dans les débuts, on pouvait voir et entendre des lives de 5h où les mecs improvisaient en continu sans se poser de questions. C’est rapidement devenu aussi stéréotypé que n’importe quel autre courant musical, mais j’ai vécu des expériences sonores incroyables, notamment un live de Laura Graab (une productrice américaine signée sur Drop Bass Network) dans un hangar perdu dans le Jura, du hardcore trippé à 140bpm, avec cette américaine qui semblait complètement perdue, mais qui a tout de même porté 2000 personne pendant plus de 2h. Plusieurs live d’un groupe qui s’appelait « Les Boucles Etranges » aussi, où rien n’était synchronisé, mais tout fonctionnait quand même, c’est à dire qu’il n’y avait pas de synchro midi entre leurs machines, mais que le résultat n’en était que meilleur… Je pourrais continuer pendant 2h donc je vais en rester là.

Le Gourou : côté technique, qu’utilises-tu comme matériel et logiciel pour concevoir ta musique ?

Maelstrom : J’ai tendance à considérer que ce n’est pas important, je suis persuadé qu’on peut faire de la bonne musique avec n’importe quel matériel. Je suis passé par toutes les phases depuis mes débuts, du tout analogique avec synthés Moog, Roland, sampler Akai et effets externes, au tout numérique (mes deux premiers EP sur Zone sont composés intégralement avec des VST).

Aujourd’hui j’utilise ce que je considère être le meilleur des deux mondes : de l’analogique pour le côté intuitif et pour le son, et du digital pour l’édition, la souplesse et la précision.

Pour ceux qui souhaitent vraiment savoir ce que j’ai dans mon studio, il y a quelques photos sur Instagram, et des jams sessions avec une partie de mon matériel sur Facebook.

Le Gourou : mis à part la musique, quelles sont tes autres sources d’inspirations et passions ?

Je suis un toxicomane du livre, j’en consomme énormément et ça impacte forcément mon travail, dans la mesure où je suis tout le temps plongé dans un texte. Ma musique devient parfois la B.O du roman que je suis en train de parcourir.

Le Gourou tient à remercier Maelstrom d’avoir pris le temps de répondre à ses questions. Et vous laisse en musique avec…

Gourou Musical rencontre Syntax Error

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Suite à la sortie de son EP, nous avons eu l’occasion de poser quelques questions à Syntax Error.

1 – Can you introduce yourself a little ?
Hey, my name is Christian Schachta alias Syntax Error. Finally based in Hamburg, I am active as music producer and dj, as well as label manager of the label Snork Enterprises. Having started in 1998 as a party promoter, I have been engaging in music business for more than 15 years now. In the early days, I promoted several techno parties in various German clubs. Yet parties are a risky business. So I decided to promote techno in a different way, finally as label manager and dj myself. Pursuing my passion, I build up the labels Feinwerk, Relax 2000 and Snork Enterprises, each of it with its one-of-a-kind-sound. Moreover I started a party project called UNDERtheGROUND with a close friend taking place in Giessen, the city I lived during my studies and a few years after.

2 – Which are your greatest musical influences ?
When I started to make music, I was more into drum’n’bass, which is maybe a reason why I like this special basslines which I often use or which I prefer in other records. Yet from the day I visited the « dungeon » of Berlin´s Tresor club for the first time, I fell in « love » with the 4×4 beats which used to get bashed around your head down there. From this moment on I wasinto techno. Also, I got really influenced by artists like Cristian Vogel, Neil Landstrumm, Tobias Schmidt or the dj sets of Dave Tarrida. It was this very special, highly energetic atmosphere which was created by this kind of music and in this kind of clubs, and in Berlin as such. It always differed from the music in other cities like Frankfurt. However, in Frankfurt for example around 2000 – 2004 the U60311 with the parties of Chris Liebing was also an inspiring and exciting surrounding. Yet for me, Berlin was something special. But always, things change and I actually miss this kind of atmosphere in nowadays techno scene very much. I don´t feel the same energy anymore. 

3 – Do you have any exciting projects upcoming ?
A lot of things are coming up. Right now I am working on some new tracks as Syntax Error. For example. I will have a track on the next Wakkler release and a remix on the next Tarvisium electronique. Plus, I am also preparing some music for a project under a different name. Concerning my label business, I am planning to relaunch my labels FEINWERK and Relax2000, with as a collection of more experimental undeground techno RELAX2000 as a base for newcomers. That’s the plan in general – we’ll see what the outcome will be exactly. As a kind of kick off, at the end of  year, there will be a FEINWERK21 featuring Norman, Bill Youngman, Berk Offset and myself. Moreover, there will be a new UNDERtheGROUND release, a vinyl only label that I am also running, with two grimey tracks by Neil Landstrumm. A new Snork is in the row starring Remute who just finished his little Japan tour. Since Hamburg is my new hometown, I am also about to plan a party series there.

4 – We are called « Gourou Musical », and we bring to our public some good music. What would you recommend everyone should listen ? 
Snork Enterprises! What else 😉 Yet, there are of course a few other good things to listen to, for example the releases on the different Clone labels, especially the ones from Randomer. I also like the Chicago House beats from Marquis Hawkes with its funky groove very much. And I´m a big fan of Blawan. That’s exactly what I like: a kind of rugh energy on the dancefloor. There are also some new release from Neil Landstrumm on Rawax and another new one coming up on Because Music which are all very nice. Right now there is a lot of music which has this oldschool spirit with sounds like back in the 90´s – simple, reduced beats, straight to the point concentrating only on the things which acutally count on the dance floor: good drums and some simple fucking funk. Bang! That´s why I also like a lot of the old Techno music which is absolutely worth listening to. One more recommandation from more modern releases is the music of Rodhad with its special dark attitude! 

5 – What makes you the most proud in your career ?
It makes me especially proud that I can call the most artists who I work with my friends. And for me the very special thing about it is, that back in the days when I was younger, they have been my heroes – and they still are! Luckily I had the opportunity to realize some exciting music projects with them on my labels. What else I really enjoy is that you can go into a recordstore in Tokyo and you can find a record in a yellow sleeve on the wall! It’s awesome to be able to spread music in countries a thousand miles away. And I also got some great inspiration from all over the world by working with various artists with different backgrounds such as Jens Zimmermann, Phil Kieran, Cristian Vogel, Neil Landstrumm, Bill Youngman, DJ W!ld, Konstantin Sibold, Daze Maxim, Patrick Lindsey, Dave Tarrida, Remute, Harry Axt, Dapayk, Berk Offset, Sender Berlin, Fumiya Tanaka, Ditch, Monkey B – just to mention a few. For me, this also shrinked the size of the earthball a little.  What else makes me proud is, that I still dj with real hands on reals records, as well as the real dj mistakes in a mix 😉 And that I keep on going to release vinly records. Until today I have been publishing over 100 vinyl records on my labels. Some of them have been really successfull. Some of them haven´t been understood by the masse. Yet, that´s how it goes with art and good music.

Gourou Musical rencontre Princesse Diane (@Woodstower)

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À l’occasion de Woodstower, nous avons rencontré Diane Bonnot de Spectralex, qui présentait son spectacle Princesse Diane. Entre parcours initiatique et Stupeflip, rencontre avec une princesse bien singulière. 

GM : Salut ! Est-ce que tu peux te présenter un peu, ainsi que ta compagnie ?

Princesse Diane : Je m’appelle Diane Bonnot, je suis comédienne-auteure depuis… Longtemps ! J’ai 36 ans, c’est assez vieux pour une princesse… (rires) Je viens du théâtre des arts de la rue. La plupart du temps, j’écris ce que je fais. Pour les côté un peu plus « people », j’ai joué pendant un moment avec Edouard Baer. Mais ce que je préfère c’est écrire les histoires et les personnages. Ensuite, Spectralex, c’est la réunion de deux personnes : moi et Arnaud Aymard. On est issu d’un mouvement du Mans qui est lié au théâtre de rue. C’est un mouvement un peu parallèle, peu connu du grand public, mais on a beaucoup tourné dans les festivals. Spectralex, c’est très drôle, un peu absurde, et poétique en même temps. On est sur une grille de plusieurs degrés en même temps. Princesse Diane, ça marche pour les enfants, mais c’est beaucoup plus drôle pour les adultes. C’est mon deuxième solo. Le premier c’était Virginia VulV. J’étais une performance d’art contemporain, qui accouche d’une pâte à pain. Je faisais deux personnages. Je suis spécialisée dans le fait de jouer plusieurs personnages. Dans Virginia VulV je fais une étudiante tardive qui présente l’oeuvre peinte de Virginia VulV, et ensuite je fais Virginia VulV, qui est une espèce de créature flippante.

Dans Princesse Diane, on a vu qu’il y avait des compagnons de route, Joel l’Ours qui est en fait un chien, et le petit cochon… Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?

Alors ça, tu verras. L’Ours ne s’appelle plus Joel, il n’a plus de nom. Il est nommé à un moment Phoenix, ce qui n’a rien à voir avec Joel. Joel est beaucoup moins fringuant ! Si vous allez voir le spectacle, je préfère pas répondre.

Par contre, Princesse Diane, à la base, c’était vraiment une réponse à une demande. J’ai travaillé sur le conte, et les contes sont des récits fondamentaux en psychanalyse, psychologie. Les contes sont des récits qui correspondent à des phases de développement, et j’avais déjà un peu travaillé là-dessus, j’avais commencé un truc que je n’ai pas poursuivi. C’était un oracle de rue, « La Voix qui Guérit », j’étais comme une Madame Soleil, je faisais des consultations individuelles. Il y avait sept petits objets, et si la personne choisissait tel ou tel objet, elle avait besoin d’entendre un récit fondamental, un conte. Les contes, c’est aussi des enjeux et des conflits intérieurs, l’idée est de se dire qu’on a plusieurs niveaux de lectures.

Princesse Diane, c’est une Princesse qui raconte une histoire. C’est un des personnage du conte qui raconte une histoire. On comprend que l’histoire qu’elle raconte, c’est sans doute la sienne. À un moment, je repasse au présent. C’est un récit initiatique, d’entrée dans la vie adulte. Qui est un combat de tous les jours. Même pour moi à 36 ans.

Non, en fait c’est pas de rentrer dans la vie adulte. C’est de se réaliser. Elle doit traverser la forêt : affronter ses peurs, se dépasser. Se connecter au plaisir, à son corps, passer par des moments de concentration sur soi… Pour moi c’est tout un parcours qui est signifiant.

Donc, un spectacle plus comique, et l’autre psychologique ?

Alors, oui, mais c’est vrai que le mot « psychologie » est dégueu, le magazine « Psychologies » me fait gerber. On va taper dans l’inconscient. Spectralex, c’est le spectacle spectral : on travaille sur l’inconscient des gens, mais ça reste très drôle.

Le personnage de princesse Diane, c’est un personnage adulte qui retourne en enfance ?

Non, pour moi, il s’agit bien de se réaliser. On peut se réaliser à tout âge. Ça s’inscrit dans le temps, mais ce n’est pas vraiment le passage à l’âge adulte. Princesse Diane, elle est en cours de réalisation. La vie c’est le mouvement, donc c’est jamais gagné. C’est comme l’amour, on se trompe si on cherche quelque chose d’atteint. Tout est à nourrir et à revisiter. Diane, elle est très dans l’immédiat. Je m’appelle vraiment Diane, alors c’était drôle et too much de me faire appeler Princesse Diane. On est une princesse quand on fait ce qu’on veut de sa vie.

Nous à la base, on parle de musique. Est-ce que tu as des artistes à nous recommander ?

Moi, je suis fan de Stupeflip (rires). C’est con, mais c’est comme ça. Ce que j’adore, c’est le côté « album concept ». On rentre une oeuvre, il y a une espèce de mythologie. Même ma vie, je l’imagine comme ça. C’est une mythologie du quotidien, mais qui te revoit à ce que tu cherches toujours. Dans le troisième album de Stupeflip, ils disent : « Stupeflip c’est nul, ça a pas évolué du tout! » : ils renvoient à tout ce qui peut te traverser en tant qu’artiste.

Quand j’étais plus jeune, j’étais fan de Gainsbourg, le Gainsbourg des débuts, pour la poésie. Et pareil sur les enjeux de la représentation publique, le partage entre le personnage et le réel.

J’aime bien Fumuj. Ils sont en train de s’arrêter. C’est un groupe de fusion. J’aime bien les anciens orchestres. Et j’ai un groupe de Ukulele. C’est le Royal Ukulele Touraine Orchestra, en hommage au Royal Ukulele Great Britain Orchestra.

Je me mets du Amy Winehouse, pour bien déprimer. Je suis pas hyper calée en musique. Généralement, j’aime quand ça répond à des univers. Le rap, ça me bloque par exemple, parce que j’adhère pas forcément.

Quelque chose à ajouter ?

Je fais de la radio, sur Radio Nova. C’est une émission qui s’appelle les aventures de Michèle Paloma. Je suis envoyé chaque semaine dans un pays, et ça reprend à la rentrée.

Gourou Musical rencontre Odezenne

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À l’occasion du festival Woodstower, nous avons rencontré le phénomène rap qui monte, Odezenne. L’occasion de parler de Boule et Bill et d’Erik Satie en l’espace de quelques minutes. 
 

Vous pouvez nous raconter l’historique du groupe ? Comment vous avez commencé, comment vous vous êtes rencontrés ?

A : Matthia et moi on était au collège ensemble, moi j’arrivais de la région parisienne, lui d’Italie, et on a très vite fait de la musique ensemble. C’était un autre style de musique : guitare, basse, batterie… Et puis après on s’est mis à faire un peu de rap, vers 18-19 ans, ensuite un peu d’électro. Jacques, on l’a rencontré vers 18 ans. On a toujours fait un peu de son sans prendre tout ça au sérieux. Un jour, on s’est inscrit à des tremplins, on avait envie de voir ce que ça valait. On a été découverte de notre région, Printemps de Bourge, et ainsi de suite. De tremplin en tremplin, c’est vraiment la scène qui nous a poussé à faire un album. On a fait un album, puis un deuxième. Ça s’est un peu fait par hasard.

Justement, on a pu voir que vous êtes un groupe très axé sur le live. Est-ce que c’est un choix, ou est-ce que c’est votre énergie naturelle qui vous a plus poussé vers le live que vers le classique studio-label ?

A : Ça s’est fait comme ça, les opportunités qu’on avait était plus vers le live. En live, on avait un truc qui intéressait les gens (salles, programmateurs), alors que sur disque, la musique qu’on faisait n’intéressait personne. On envoyait des maquettes, on nous répondait pas, ça nous a un peu soûlé. Donc on a continué en live. Les gens réclamaient de la musique, donc on mettait des titres sur internet. Puis on a monté notre propre label, on s’est organisé tout seul. C’est comme ça que ça a marché.

J : Après on aime beaucoup le studio aussi. On en fait beaucoup. Pour OVNI par exemple, on a fait 11 mois de studio. Mais après l faut aller défendre ton album. Moi au début j’aimais pas du tout le live, et puis au final maintenant j’adore ça.

Pourquoi ce nom, pourquoi Odezenne ?

M : C’était le nom de notre prof de math et proviseur du collège. Comme au début c’était pas sérieux, on s’est appelé comme ça et puis après… c’était trop tard pour changer.

Quelles sont vos inspirations ?

M : On écoute beaucoup de choses, mais dans notre groupe, c’est aussi un cercle fermé, on doit se faire plaisir les uns les autres. Moi j’ai des influences différentes qu’Alix ou que Jacques. Mais chacun sait ce qu’il doit apporter aux trois pour plaire à tout le monde et former l’identité du groupe. C’est plus trois personnes qui se rencontrent.

A : On a écouté beaucoup de choses avec le temps. On s’est rencontré on avait 13 piges donc on est passé par Nirvana, on a découvert Madlib, pendant que Matthia écoutait de l’électro, on a écouté du rap français.

J : moi j’écoutais beaucoup de rap français, moi c’est plus la littérature, Boule et Bill, tout ça ! (rires) Lucky Luke.

Des projets particuliers ?

A : Aller en vacances ! (rires) Avec le groupe, j’aimerais bien faire un beau prochain album. On l’a déjà à moitié composé, à Berlin. On est parti habiter là-bas et on a fait des morceaux qui sont vraiment cools.

Tous : ouais un bon disque.

A : Avec une ou deux vraies chansons qui traverse le temps, le truc qui finit sur nostalgie tu vois !

On verra ça dans 30-40 ans alors. On vous a découvert avec Alice. C’est assez triplant, rien que le clip… Vous pouvez nous expliquer votre histoire avec Alice ?

M : Quand on a commencé, eux ils avaient plus la culture hip-hop que moi, j’en écoutais pas du tout. C’est eux qui me diggaientt les samples, et j’ai commencé à composer avec, ça a commencé à créer notre identité. Quand on a fait le premier album, pour le deuxième, j’ai commencé à moi aussi aller chercher des samples. Et je suis un grand fan des vieux Disney. Je crois qu’il y a 4 ou 5 samples des vieux Disney dans OVNI. Dont Alice. J’avais pris ce petit bout de chanson, qui s’est calé un peu comme par hasard, par chance, par magie, sur un track que, eux, ne sentaient pas trop au départ.

J : On était en train de faire des trucs pour OVNI, mais ce morceau, on arrivait pas à écrire dessus. Il tournait bien, on était dans la baraque, on composait. Et puis d’un coup, on entend la meuf chanter ! C’est comme ça que c’est venu.

Une prescription musicale à faire pour les lecteurs du Gourou ? 

A : J’aimerais que les gens découvrent un groupe que j’adore, Death Grips. Ils viennent de splitter. En terme de cohérence musicale et d’esthétique, c’est un mélange punk, rap, un peu de plein de choses, c’est hyper novateur. Je suis un peu triste qu’ils aient splitté, mais je comprends leur démarche.

J : La Gnossiennes Numéro 2 d’Erik Satie. (grosse exclamation de joie dans l’équipe du Gourou)

M : Moi je sais pas trop en fait. J’ai pas découvert grand chose, ça m’attriste un peu. Sinon, en ce moment j’écoute Luigi Tenco. C’est un chanteur Italien qui s’est suicidé à 27 ans alors qu’il sortait avec Dalida. Et ses textes sont juste ouf. J’ai découvert ça il y a peu de temps. Enfin mon père me les chantait quand j’étais petit et je me remets dedans. Je m’identifie beaucoup, enfin j’espère pas trop. (rires.)

Interview : Imago

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Nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Imago, voici le compte-rendu de notre rencontre.

1 – Hi, can you introduce yourself in a few words ?

Hello everyone, we are Imago. Nerdy people, analogue addicted. We speak with our synthesizers as we reckon they have a soul. We have a gear acquisition syndrome.

 

2 – Can you tell us which musicians or artists influenced or still influence you and your music ?

We were born in Rome, which was the worldwide key point for the 80s and 90s Techno musical scene. During that time, tens of piooners have ridden the unknown, making strange sounds, trying to express themselves in a new, different way. Certainly, as reference point we cannot avoid to mention Leo Anibaldi and Lory D who have been the cornerstones of the Techno scene for ages. Furthermore, Aphex Twin as well, still is a boundless source of inspiration for us.

 

3 – What is your last music discover ?

Can’t find the right answer for this. We keep learning and studying as the music is a endless universe, simple as that. Every day that goes by, we discover something new which we’ll love to get to know more about.

 

4 – Beside music, do you have any passion you’d like to share with us ?

No we don’t. LOL. We’re kind of a geeks, the music is bigger than us, it exists all along and it is our life and job as well. We’d rather to consider it as a true religion, not a passion at all.

 

5 – We love the dark atmosphere of your EP, can you tell us a little how do you work ? Do you develop an atmosphere first or does it come from the tracks you work on ?

It’s always difficult to correctly explain the creation approach itself. We start from a feeling the most. It means that we use our daily life as engine to start off working on a new project. We don’t have a real step by step method but for some reason, we’re able to build up a track brick by brick. According to all of us, it doesn’t really matter if the starting point is a dark background atmosphere or a distorted kick drum – we use to bring along in the studio our emotions and put them in a song, always trying to turn what we feel into uncommon sounds and musical patterns as well. We’d have to say, probably playing synths and step sequencers is a good kick-off, but it’s definitely not a rule. We are really keen on our sound and keep doing our best to make it unique. We don’t want to sound presumptuous, (maybe just a bit LOL)  but nobody can replicate what we do in no case and this is what we love.