Focus sur Maelstrom, artiste de l’année

maelstrom

Si vous nous suivez depuis un moment, vous avez dû remarquer l’amour inconditionnel que le Gourou porte à Maelstrom. Ce musicien originaire de Nantes a, depuis ses débuts, toujours évolué de manière constante, intégrant à chaque nouvel EP une autre partie de son vaste univers musical. Jusqu’à l’apogée, ce magistral Adversarial Design sorti sur le label Zone cette année.

Nous vous proposons donc de (re)découvrir celui qui pour le Gourou est incontestablement l’artiste de l’année.

Le Gourou : peux-tu nous raconter un peu ton parcours musical ?

Maelstrom : J’ai acheté mes premières machines à 16 ans, après avoir passé de nombreux weekends de mon année de terminale dans des hangars, des raves et des free-parties. Avant cela, je sortais aussi beaucoup, notamment dans un club nantais, le Black Mint, où les résidents jouaient beaucoup d’electro américaine, mais aussi de la chicago house, et de la techno « Detroit ».
Ensuite j’ai passé beaucoup de temps dans les free-parties et les raves illégales, je me suis impliqué de plus en plus dans ce mouvement jusqu’à ce que ça me devienne insupportable, musicalement et humainement. Après quelques années à récupérer de cette expérience là, j’ai fini par rencontrer Reno chez Expressillon, puis par signer sur Boys Noize et Sound Pellegrino, ce qui m’a amené là où j’en suis aujourd’hui.

Le Gourou : Dans ta musique, on sent une nette évolution, notamment avec les deux dernières sorties chez Zone, qui sont parmi nos préférées de cette année ; quel a été le travail réalisé pour un EP comme « Adversarial Design » ?

Maelstrom : Pour chaque EP, j’essaye de faire en sorte qu’il y ait une cohérence et une continuité entre les titres, c’est une des raisons pour lesquelles je passe beaucoup de temps sur les ambiances et les textures, même si je sais qu’elles ne seront pas forcément perçues dans un club, c’est ce qui va installer l’esthétique du disque. Beaucoup de producteurs commencent à travailler sur les éléments principaux : la rythmique, la basse, ce genre de choses, moi je commence par poser le décors, installer une atmosphère. L’idée de départ pour Adversarial Design est partie de l’évolution des espèces, du fait qu’une forme de vie puisse évoluer et se transformer, faire partie d’un continuum. Je vois la création musicale de la même manière, à l’échelle de l’histoire de la musique comme dans le cadre d’un album ou d’un EP. On s’appuie sur le travail de ceux qui nous ont précédé tout en essayant d’emmener ce travail un peu plus loin, ou dans une nouvelle direction, chaque innovation est en fait souvent une évolution de quelque chose qui préexiste sous une forme différente. De la même manière, pour cet EP, chaque morceau s’appuie sur ceux qui l’entourent, et leur procure un environnement, ça fonctionne comme un écosystème. A chaque fois que je modifie un son dans un des morceaux, que je choisis d’en ajouter ou d’en retirer un de la tracklist, ça a des répercussions sur ma façon d’envisager les autres.

Le Gourou : on sent également une nette influence de la musique glitch, IDM, dans tes morceaux, est-ce que tu peux nous en parler un peu ? Ainsi que de ton travail avec un label comme Expressillon ?

Maelstrom : C’est par le hardcore et le breakcore que je suis arrivé à l’IDM et à l’electro anglaise. Je me suis mis à écouter tout ce qui sortait de chez Warp et Rephlex : U-Ziq, Ceephax, Luke Vibert, etc, mais aussi des sons plus industriels comme Delta Files ou Somatic Responses. Pour ce qui est d’Expressillon, j’ai un respect et une admiration immense pour Reno, le boss du label qui a rendu possible la ré-édition de nombreux disques introuvables, notamment les premiers NTW23 ainsi que toute la discographie de Curley. C’est un personnage important de cette scène « free », qui bosse d’ailleurs aujourd’hui avec l’équipe de Concrete. A un moment où je cherchais encore mon son, Reno m’a fait confiance et encouragé sur plusieurs EP, jusqu’à ce qu’il décide de mettre le label en pause. Tous les morceaux ne sont pas inoubliables, mais c’est une partie importante de mon parcours, et certains tracks ont marqué un vrai tournant dans ma façon de travailler.

Le Gourou : quelle influence peut avoir la musique hardcore et celle des free-parties sur ton univers musical ? 

Maelstrom : Mes premières émotions musicales viennent de là ! C’est sans doute la musique qui m’a donné envie de passer de l’autre côté, de comprendre comment cette production pouvait fonctionner et de m’acheter mes premières machines. Il y avait un côté totalement libéré, au delà de tout format. Dans les débuts, on pouvait voir et entendre des lives de 5h où les mecs improvisaient en continu sans se poser de questions. C’est rapidement devenu aussi stéréotypé que n’importe quel autre courant musical, mais j’ai vécu des expériences sonores incroyables, notamment un live de Laura Graab (une productrice américaine signée sur Drop Bass Network) dans un hangar perdu dans le Jura, du hardcore trippé à 140bpm, avec cette américaine qui semblait complètement perdue, mais qui a tout de même porté 2000 personne pendant plus de 2h. Plusieurs live d’un groupe qui s’appelait « Les Boucles Etranges » aussi, où rien n’était synchronisé, mais tout fonctionnait quand même, c’est à dire qu’il n’y avait pas de synchro midi entre leurs machines, mais que le résultat n’en était que meilleur… Je pourrais continuer pendant 2h donc je vais en rester là.

Le Gourou : côté technique, qu’utilises-tu comme matériel et logiciel pour concevoir ta musique ?

Maelstrom : J’ai tendance à considérer que ce n’est pas important, je suis persuadé qu’on peut faire de la bonne musique avec n’importe quel matériel. Je suis passé par toutes les phases depuis mes débuts, du tout analogique avec synthés Moog, Roland, sampler Akai et effets externes, au tout numérique (mes deux premiers EP sur Zone sont composés intégralement avec des VST).

Aujourd’hui j’utilise ce que je considère être le meilleur des deux mondes : de l’analogique pour le côté intuitif et pour le son, et du digital pour l’édition, la souplesse et la précision.

Pour ceux qui souhaitent vraiment savoir ce que j’ai dans mon studio, il y a quelques photos sur Instagram, et des jams sessions avec une partie de mon matériel sur Facebook.

Le Gourou : mis à part la musique, quelles sont tes autres sources d’inspirations et passions ?

Je suis un toxicomane du livre, j’en consomme énormément et ça impacte forcément mon travail, dans la mesure où je suis tout le temps plongé dans un texte. Ma musique devient parfois la B.O du roman que je suis en train de parcourir.

Le Gourou tient à remercier Maelstrom d’avoir pris le temps de répondre à ses questions. Et vous laisse en musique avec…

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